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Un résultat négatif est un résultat tout court

Cette question récurrente a de nouveau été posée lors du colloque “Intégrité et science ouverte” organisé par l’Office français de l’intégrité scientifique (Ofis) le 4 avril dernier. Agnès Henri, directrice générale d’EDP Sciences y a en effet plaidé pour pour “un journal des recherches qui n’ont pas abouti” (Source AEF). Ce genre de publications existe pourtant déjà, y compris en France, grâce au Journal of Negative Results, fondé par quatre chercheurs, dont Thibaut Marais de l’institut de myologie (Paris), qui indique que “les chercheurs estiment toujours que les résultats négatifs n’ont pas de valeur, même si 90 % des financements de la recherche n’aboutissent à aucune publication. Pour obtenir des fonds, il faut toujours actuellement publier des résultats positifs.”
Le Journal of Negative Results in Biomedicine, un des pionniers de la démarche, a cessé de publier en 2017. D’autres existent encore aujourd’hui, comme The All Results Journal ou The Missing Pieces, édité par PLoS, ou New Negatives in Plant Science.

Si solution il y a, elle passera par un travail de longue haleine : “Sur le principe, tout le monde est d’accord mais quand il s’agit de publier, il y a énormément de réticences (…) Le travail d’influence doit se faire sur les jeunes, les mentalités des chercheurs déjà en poste depuis un certain temps sont plus difficiles à changer.” L’équipe du Journal of negative results compte emprunter un biais original. Pour lui “donner une nouvelle impulsion”, Thibaut Marais parie sur l’éthique animale : “Nous mettons en avant lors des journées de formation à l’expérimentation animale que publier des résultats négatifs permet de respecter les règles éthiques et de satisfaire à la règle des 3 R (réduire, raffiner, remplacer, NDLR).Cela suffira-t-il à faire basculer les mentalités ? Errare humanum est, perseverare diabolicum.